La magie de la zoothérapie
- 3 mai
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La zoothérapie, telle que définie par Zoothérapie Québec (1998), correspond à une intervention assistée par un animal spécifiquement formé, menée par un·e intervenant·e qualifié·e, dans le but de maintenir ou d’améliorer les dimensions cognitives, physiques, sociales, psychologiques et affectives d’une personne. Cette approche repose sur une triade dynamique (la personne aidée, l’intervenant·e et l’animal) au sein de laquelle le chien est le plus souvent privilégié.

Contrairement à une représentation répandue qui place l’animal au centre de l’intervention, le chien agit avant tout comme médiateur relationnel. Il facilite l’établissement du lien, soutient les échanges et favorise l’engagement, sans jamais se substituer à la relation humaine, qui demeure le cœur du processus thérapeutique (Marseille, 2019). L’animal constitue ainsi un outil d’intervention structurant, dont l’efficacité dépend étroitement des compétences de l’intervenant·e et de la qualité du cadre proposé.
Au fil des séances, l’objectif est d’observer une augmentation des interactions, une amélioration du bien-être global et un renforcement du lien de confiance entre la personne aidée et l’intervenant·e. À mesure que cette relation se consolide, le rôle du chien peut s’atténuer, tout en demeurant un facilitateur essentiel de la dynamique thérapeutique.
Cet article présente les bénéfices de la zoothérapie scientifiquement documentés, tant pour les client·e·s que pour les professionnel·le·s, et met en lumière l’importance déterminante de la formation spécialisée des chiens afin d’assurer des interventions sécuritaires, efficaces et éthiques.
Bienfaits pour la clientèle
Développement cognitif, émotionnel et social
Chez l’enfant, la zoothérapie agit comme un puissant levier de développement. Les interactions avec l’animal stimulent les sphères affective, sociale et cognitive, tout en favorisant l’expression du langage, la communication et la régulation émotionnelle. Le chien devient un vecteur d’apprentissage de valeurs sociales fondamentales telles que la responsabilité, l’empathie, la coopération et le respect, tout en offrant un contexte sécurisant propice à l’expérimentation relationnelle (Gagnon et al., 2004). L’environnement apaisant et les stimulations sensorielles positives contribuent également au développement de stratégies efficaces de gestion du stress.

Plusieurs études confirment ces effets, notamment en milieu scolaire, où la présence d’un chien est associée à une amélioration de l’attention, à une diminution du cortisol et à une augmentation de la coopération entre les élèves (Beetz et al., 2012 ; Friedmann et al., 2015).
Chez les adultes, les interactions avec l’animal sont associées à une amélioration de l’humeur, de l’estime de soi et à une réduction significative de l’anxiété. Ces effets sont liés à la libération de neurotransmetteurs et d’hormones tels que la dopamine, l’endorphine et l’ocytocine, favorisant l’apaisement émotionnel et la création de liens de confiance, tant chez l’humain que chez l’animal (Odendaal, 2000 ; Prothmann et al., 2009).
Chez les personnes aîné·e·s, la zoothérapie contribue au maintien des fonctions cognitives, ralentit l’évolution de certains symptômes liés à la démence et favorise les interactions sociales, réduisant ainsi l’isolement et l’agitation (Majić et al., 2013 ; Motooka et al., 2020).
Gestion de la douleur et participation aux soins
La zoothérapie constitue un soutien précieux dans les contextes de soins et de douleur chronique. La présence du chien permet de diminuer l’anxiété, de moduler la perception de la douleur et d’encourager une participation plus active aux traitements (Bradley & Bennett, 2015). Chez les enfants hospitalisés pour un cancer, elle favorise le bien-être émotionnel, la verbalisation des peurs et la motivation à poursuivre les soins (Gagnon et al., 2004).
Chez les adultes et les personnes aîné·e·s, les interventions assistées par l’animal réduisent le stress, l’agitation et les symptômes dépressifs, tout en améliorant la qualité de vie globale. L’animal agit comme une distraction positive et sécurisante, renforçant le sentiment de contrôle et de réassurance (Kamioka et al., 2014 ; Pedersen et al., 2020).
Communication et engagement
Le chien facilite la communication, notamment auprès des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme ou des difficultés langagières. En tant que médiateur non verbal, il réduit les barrières relationnelles et soutient l’expression émotionnelle (Prothmann et al., 2009). Sa présence augmente la motivation, l’engagement et la participation active aux activités thérapeutiques ou éducatives, rendant les séances plus accessibles, dynamiques et collaboratives (Beetz et al., 2012).
Bienfaits pour les professionnel·le·s
Renforcement de la relation d’aide
Pour les intervenant·e·s, le chien constitue un facilitateur relationnel majeur. Il favorise l’établissement d’un climat de confiance, diminue les résistances et enrichit les échanges, tout en offrant un support concret pour stimuler la communication et l’expression émotionnelle (Beetz et al., 2012 ; Friedmann et al., 2015).

Soutien émotionnel et prévention de l’épuisement
Le travail en présence d’un chien procure détente et plaisir aux professionnel·le·s, contribuant à réduire la fatigue de compassion et à améliorer le bien-être au travail. Ces interactions offrent un soutien émotionnel non négligeable et renforcent la motivation et le sentiment de sens dans la pratique professionnelle (Barker et al., 2012).
Diversification des outils d’intervention
Enfin, le chien enrichit la palette d’outils cliniques disponibles, permettant d’aborder des situations complexes avec davantage de créativité, d’humanité et de sensorialité. Cette diversification favorise une plus grande efficacité des interventions, tout en augmentant la satisfaction professionnelle (Odendaal, 2000).
Conclusion
La zoothérapie est une approche rigoureusement documentée, dont les bénéfices sont multiples et transversaux. Elle contribue, chez les client·e·s, à l’amélioration du bien-être émotionnel, cognitif et social, à une meilleure gestion du stress et de la douleur, ainsi qu’à une communication et une motivation accrues. Pour les professionnel·le·s, elle enrichit les pratiques d’intervention, soutient le bien-être émotionnel, prévient l’épuisement et renforce la relation thérapeutique.
Ces effets positifs reposent toutefois sur des conditions essentielles : une formation spécialisée et rigoureuse des chiens, un encadrement professionnel adéquat et une pratique éthique structurée. Faire appel à une école spécialisée pour la formation des chiens de zoothérapie permet de garantir des interventions sécuritaires et efficaces, maximisant l’impact positif pour les bénéficiaires tout en soutenant durablement la qualité de la pratique professionnelle.

Bibliographie
Barker, S. B. et al. (2012). Cortisol levels in humans and dogs: Canine-assisted interventions. Anthrozoös, 25(2), 199–212.
Beetz, A. et al. (2012). Psychosocial and psychophysiological effects of human-animal interactions: The possible role of oxytocin. Frontiers in Psychology, 3, 234.
Bradley, L., et Bennett, P. C. (2015). Companion-Animals’ Effectiveness in Managing Chronic Pain in Adult Community Members. Anthrozoös, 28. https://doi.org/10.1080/08927936.2015.1070006
Friedmann, E., Son, H., et Tsai, C. (2015). The animal-human bond: Health and wellness. In Handbook on Animal-Assisted Therapy (4th ed.).
Gagnon, J., et al. (2004). Implantation d’un programme de zoothérapie en milieu hospitalier pour enfants atteints de cancer : une étude descriptive. Revue canadienne de soins infirmiers en oncologie, 14(4). https://doi.org/10.5737/1181912x144210216
Gagnon, M., Lavoie, P., et St-Onge, R. (2004). L'impact de la zoothérapie auprès des enfants atteints de cancer. Revue canadienne de soins palliatifs, 22(2), 104–110.
Kamioka, H. et al. (2014). Effectiveness of Animal-Assisted Therapy: A Systematic Review of Randomized Controlled Trials. Complementary Therapies in Medicine, 22(2), 371–390.
Majić, T. et al. (2013). Animal-assisted therapy and agitation and depression in nursing home residents with dementia: a matched case-control trial. American Journal of Geriatric Psychiatry, 21(11). https://doi.org/10.1016/j.jagp.2013.03.004
Marseille, P. (2019). Le chien médiateur et l’enfant. Bulletin de l'Académie Vétérinaire de France, 172. https://www.persee.fr/doc/bavf_0001-4192_2019_num_172_1_1321
Odendaal, J. S. J. (2000). Animal-assisted therapy: magic or medicine? Journal of Psychosomatic Research, 49(4), 275–280.
O’Haire, M. E. (2013). Animals as Social Supports: The Influence of Animals on Children's Social and Emotional Development. Current Directions in Psychological Science, 22(6), 443–448.
Pedersen, I., Ihlebæk, C., et Bruusgaard, D. (2020). Animal-assisted therapy for persons with dementia: A systematic review. International Psychogeriatrics, 32(3), 357–371.
Prothmann, A. et al. (2009). The Effect of Animal-Assisted Therapy on Children with Autism Spectrum Disorders: A Pilot Study. Journal of Autism and Developmental Disorders, 39(4), 1–8.
Siegel, J. M. (2013). The Healing Power of Pets: Harnessing the Power of Animal-Assisted Therapy to Improve Health and Well-Being. Journal of Psychosomatic Research, 52(1), 43–54.
Zoothérapie Québec. (2023). https://zootherapiequebec.ca




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